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Texte de Caroline Graver élève de terminale L au Lycée René Cassin (Arpajon - Essonne) |
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Compte rendu de la séance du jeudi 7 octobre Comme la semaine dernière, nous avons passé la première heure en compagnie de Christian Chabaud, un membre de la compagnie DARU. Yves a tout d’abord fait le point sur notre projet de « café théâtre ». Pour lui, ce café théâtre est une bonne occasion de nous soumettre à l’épreuve du feu avant la fin de l’année, moment de la présentation du séquentiel. Le moment privilégié pour le travail de mise en place pour la réalisation de ce projet, est le mercredi après-midi, lors des séances d’ateliers. Pour promouvoir ce spectacle nous irons, au mois de novembre, tenir un stand à l’occasion de l’ouverture des « Champs de la Marionnettes ». Ensuite, nous avons commencé à travailler sur la section n°9 et 10 de la pièce de théâtre de Vinaver : « Dissident, il va sans dire ». Nous devions travailler une de ces deux sections pour le cours d’aujourd’hui. Le premier duo ayant présenté son travail était composé de Céline et de moi-même. Pour notre mise en scène nous avons fait le choix de mettre un table sur le plateau, ainsi que trois chaises : une pour Hélène, une pour Philippe et une autre pour l’invité. Dans les déplacements, nous avons choisit de faire des déplacements croisés, de la table vers « la cuisine ». L’atmosphère voulue était tendue. A la fin de notre présentation, nous avons eu plusieurs remarques quant à notre choix de mise en scène. Tout d’abord, Yves nous a fait remarqué qu’il y avait une incohérence dans nos gestes, destinés à rendre réaliste la scène, par exemple essuyer la table alors que juste après on enlève les assiettes qui s’y trouvaient. La deuxième remarque faite par Christian était plus axée sur notre lecture de la scène et au choix que nous avions fait la concernant. Il nous a dit que lorsque l’on joue Vinaver, nous n’avons pas besoin de table, ni de chaises. Le plus important n’est pas l’action (ici débarrasser une table), mais plus le rapport qui lie les deux personnages. Si l’on souhaite mettre des objets sur le plateau, il faut qu’ils aient une utilité quant à signifier les rapports de forces entre les deux personnages. Par exemple lorsque l’on choisit de mettre une chaise sur le plateau, on peut s’en servir pour marquer l’opposition entre deux personnages. Après toutes ces explications, Christian nous a remises en jeu. Nous devions recommencer la scène en prenant en compte les remarques qui avaient été faites. Cette fois-ci, il n’y avait plus de table, ni de chaises. Le décor était neutre. La seule chose importante était de montrer les relations entretenues par les deux personnages. Nous devions insister sur les regards, bien marquer les temps et mettre en valeur les réactions que suscitaient les questions que se lançaient les deux personnages. Nous avons été très déstabilisées par cette remise en jeu car c’était complètement différent de ce que l’on avait fait la première fois. Ensuite, un autre couple est passé composée de Anne et de Samuel. Il avait une chaise sur le plateau sur laquelle était appuyée Anne, debout derrière elle, il y avait Samuel. Là aussi l’atmosphère était tendue. Christian les a arrêtés presque tout de suite. Il leur a demandé de reprendre en évitant de bouger inutilement car leur présence physique était déjà très forte. Il devaient aussi prendre leur temps et bien marqué les temps. Lorsqu’ils ont rejoué la scène une deuxième fois avec la prise en compte des remarques, l’atmosphère était encore plus tendue que la fois précédente. Pour entamer la deuxième heure, Yves nous a fait un petit cours de théorie, appelé « cours introductif ». Il nous a tout d’abord demandé quelle est la matière que l’on exerce dans ce cours. Nous avons répondu que c’est le théâtre, puis il nous a demandé de définir ce qu’est le théâtre en partant de la racine étymologique du mot. Comme nous ne savions pas vraiment quoi répondre, il nous a tout expliqué : le mot théâtre vient du grec « theatron ». C’est un lieu précis dans le théâtre grec, c’est là que s’installait le public. C’était une forme d’hémicycle situé en face de la scène. Aller au théâtre, c’est le fait de pouvoir voir un spectacle. Quand on fait du théâtre, ce qui est important n’est pas ce que l’on éprouve mais ce que l’on montre parce que le théâtre est fait pour être vu par un public. Il nous a dit que Craig disait que « le théâtre commence lorsqu’il y a face à face un spectateur et un acteur ». Par exemple une remise militaire est une situation théâtrale mais elle ne s’apparente pas au théâtre, parce que les gens viennent voir quelque chose mais il n’y a pas de notion de spectacle. En effet, on ne peut pas parler de théâtre s’il n’y a pas un spectacle à voir. Cette notion de spectacle se retrouve dans la racine latine du verbe regarder : « specto, as are ». Faire du théâtre, c’est montrer à voir quelque chose. Il nous a ensuite parlé des différentes lectures qu’il pouvait y avoir d’un texte de théâtre. A partir du moment où l’on présente joue un texte de théâtre, ce n’est plus l’acteur qui le lit, c’est le public, il lit ce qu’on lui donne. Mais c’est une lecture à double détente puisque le public doit être conscient de ce qu’il lit, cela veut dire qu’il doit déjà connaître ce qu’il va voir. Ensuite, il nous a expliqué la différence qu’il y avait entre le jeu réaliste et le jeu naturaliste. Le jeu réaliste est un jeu qui veut délimiter l’espace avec par exemple des tables ou des chaises. C’est un jeu où l’on veut faire semblant, on veut essayer d’imiter la réalité. Le jeu naturaliste est très proche du jeu réaliste à la différence qu’ici le fait de vouloir représenter la réalité est poussé à son paroxysme. En effet, si les acteurs décident de montrer qu’ils mangent de la soupe, ils vont vraiment prendre une assiette, mettre de la vraie soupe dedans et manger la soupe pour de vrai. Nous avons
ensuite eu une explication sur ce qui concerne les choix de mise en
scène fait par les acteurs. Il faut qu’ils aient des
signes explicites pour le public afin de bien pouvoir montrer ce qu’ils
veulent montrer. Il faut garder le point de vue du metteur en scène
dans la pièce à présenter. Lorsque l’on
met un texte en scène, il faut Il nous a ensuite donner des pistes pour nous aider à mettre en scène la section n°9 et 10 de « Dissident il va sans dire ». Lorsque l’on veut jouer une des deux scènes, il faut d’abord discuter de ce que l’on veut en faire et de ce que l’on veut montrer. Puis il faut procéder à la mise en espace. On met en espace un texte grâce au corps, aux regards et aux gestes et aussi grâce à la proximité entre les acteurs. La proximité est le déplacement des acteurs, leur éloignement et leur rapprochement. Dans le théâtre de masque, la place de celui qui détient le pouvoir est au centre. Celui qui perd le pouvoir est viré du centre par celui qui prend le pouvoir pour aller vers les côtés. Celui qui a le pouvoir est au centre parce qu’il est dans l’axe, et c’est lui que le public voit le mieux. La place du centre est celle du protagoniste, celui qui a le premier rôle. Le déplacement du corps permet de tenir un espace plus grand, mais lorsque l’on se déplace, on perd le centre. Il faudrait donc tourner en rond pour après pouvoir revenir au centre. Le jeu du regard est aussi très important pour déterminer celui qui a le pouvoir. Un regard fuyant montre que l’on est dominé alors qu’un regard appuyé sur le partenaire montre que l’on domine, que l’on est pas impressionné. Après
ce cours de théorie, nous sommes revenus à la pratique.
Delphine et Ibthiel on d’abord fait une improvisation sur un
thème se rapprochant de la situation de « Dissident,
il va sans dire ». Delphine devait jouer une mère douloureuse
et autoritaire qui voulait savoir si sa fille Juliette (Ibthiel) était
chez sa copine Anne Laure samedi soir dernier. Ibthiel, elle, devait
jouer la fille de Delphine. Sa mère lui avait dit qu’elle allait lui brancher l’ADSL mais elle n’a pas encore fait les démarches pour. Lorsqu’elle attendait, Delphine devait marquer son attente en se mobilisant pour la question qu’elle aurait à poser, il fallait donc qu’elle se trouve une occupation afin de calmer ses nerfs. Après avoir posé sa question, Delphine marquait un arrêt alors que Ibthiel arrivait déjà avec une défense. Cela posait un problème, celui de la relation avec la mère. On pouvait imaginer quatre cas de figure : soit la situation de défense, c'est-à-dire aucun contact entre la mère et la fille ; soit la situation de celles qui ne fuient pas le contact, c'est-à-dire que c’est sur la mère que repose l’action d’attaque ; soit il y a un réel contact, c'est-à-dire qu’elles font comme si de rien n’était ; soit il y a contact et tout est normal sauf qu’il y a des signes qui font que l’on voit qu’il se passe quand même quelque chose. Dans cette scène l’agressivité a peu d’intérêt, c’est une façon de démasquer le rapport de force. Après cette impro, Céline et moi, avons été remise en jeu. Cette fois, Hélène (moi) devait être détendue et Philippe (Céline) énervé. Dans ce cas de figure, cela signifie que personne n’a le pouvoir. Normalement, celle qui détient légitimement le pouvoir est la mère même si c’est une femme et qu’elle devrait être considérée comme la plus faible. Le fils lui n’aime pas être commandé et aimerait prendre la place du père. Mais il a un moyen d’être à égalité de pouvoir avec la mère, c’est de trouver du travail. De cette façon il ne serait plus sous le joug de sa mère. Ce qui explique le fait que, lorsque le père revient dans leur vie, il devient violent. C’est pourquoi le fils se met en colère à la fin de la section n°10. En rejouant le début de la scène sous cet angle, nous avons remarqué que la légèreté de la mère renforçait l’agressivité du fils.
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